Tu paniques !
Oui, tu paniques.
D'un côté tu cherches sans trouver depuis quelques mois.
De l'autre, tu entends partout qu'on licencie à tour de bras.
Tu vois pas mal de gens de ta promo dans la même situation que toi : en promo sur le grand étal du marché du travail.
Le nombre d'offres d'emploi diminue. Par contre c'est la saison des stagiaires. Ah le capitalisme et ses modes.
Pour résumer la situation, il y a de moins en moins de boulot, et de plus en plus de chercheurs d'emploi. Toi tu vas bientôt te retrouver pris en sandwich entre les jeunes diplômés tout frais et tout motivés, et les vieux de la vieille, expérimentés et roublards. Ca t'inspire autant qu'un sandwich biscotte - pâté Olida pris au Leader. Oh lala...
Tu t'imagines des scénarios à la Bracadabrant. Marc Bracadabrant pour ceux qui connaissent.
Ce matin tu te lèves, et après ton café, tu vas voir ton site favori de recherche d'emploi.
0 résultats dans ton rayon. Etonnant. Tu élargis.
Toujours rien.
Etonnant.
Tu penses que c'est un petit pépin informatique. Ca arrive plus que deux ou trois raisons.
Père spicace, tu t'en vas consulter un autre site. Ton deuxième préféré.
0 offre toujours.
Celà devient suspect. En un seul mot.
Tu décides de s'adresser à Dieu plutôt qu'à ses apotres, et entre le mot "job" dans google.
Ironique, tu oses le "j'ai de la chance".
Tu tombes sur une page dédiée aux techniques de suicide pour les personnes ayant des faibles revenus. Les concepteurs de ce site, partant du fait que tout un chacun ne peut s'offrir un flingue, une bagnole avec un raccord pour le pot d'échappement ou un ravin, proposent des alternatives originales pour prendre l'autoroute direction l'autre monde sans avoir à raquer au péage.
On te propose de signer une pétition pour revenir aux sacs plastiques gratuits.
Tu reviens aux résultats chamboulé.
Alléluia, un site sérieux. Une offre d'emploi. Tu cliques une fois. En homme moderne, tu sais bien qu'un clic suffit pour un lien.
La page s'ouvre, tu dois patienter pendant le chargement.
Tiens, une animation. Une petite boite en carton chiadée. On t'invite gentiment à cliquer dessus. Tu t'exécutes.
GAAAAW !!!
Un diablotin vient de sortir de la boite et de te ficher une sacré frousse.
Il continue à se balance sur son ressort en tenant une pancarte : "Tu cherches du boulot ? Tu peux toujours regarder dans ton cul !"
L'humour de certains te dépasse.
Le site suivant s'appelle espoir.com.
Il présente une page noire.
Tu décides de sortir.
A peine la porte ouverte, tu entends comme une rumeur. Une complainte grave et lancinante.
C'est une meute de chercheurs d'emploi qui ère dans la ville, les yeux ternes, les cheveux hirsutes, les manteaux bon marché. L'insolent.
Un manteau blanc a recouvert la ville. Ce sont des CV. Des milliers de CV, anonymes ou non.
Un zombie t'accoste et te demande si tu as du boulot pour lui. Tu lui réponds que non, que tu es dans la même situation. Il te regarde, et fait un signe de croix. Il va poser la même question au suivant.
Répétant la même situation et les mêmes signes de croix, tu te rends au bureau de l'ANPE.
Il y a relativement peu de monde ici. La contagion n'a pas du arriver jusque ici.
Tu reconnais ton conseiller préféré. Il fume une roulée bien roulée dehors.
Tu le salues. Il lève la tête de son clopiot et te répond :
"Vous n'auriez pas du boulot pour moi ?"
Ta machoire se décroche. Enfin c'est une image quoi.
Derrière l'homme et sa cigarette, il a été peint en grosses lettres rouges sur la facade de l'ANPE :
"Fermeture définitive pour cause de plus de boulot".
Heureusement ta machoire était déjà décrochée pour de faux.
Tu demandes une clope à ton conseiller, qui est maintenant chercheur d'emploi. Comme ce sont les cordonniers les plus mal chaussés, tu te dis qu'il est mal barré.
Il t'en sort une déjà roulée. Il a du se passer les nerfs en roulant une centaine de cigarettes.
Elle est roulée dans un CV.
Tu poursuis ta balade dans la ville.
Les agences d'intérim ont tiré leur rideau de fer solitaire. Leurs employés sont assis devant.
Assis sur une pile de CV énormes dont ils font des avions qu'ils expédient le long de l'avenue. Le coeur ouvert, à l'inconnu.
Tu croises le père d'un pote qui tient une entreprise en ville. Il te salue.
Tu lui réponds : "Vous auriez pas un boulot pour moi ?"
Il te regarde, visiblement dégouté.
Ca y est, toi aussi tu es infecté.
D'un côté tu cherches sans trouver depuis quelques mois.
De l'autre, tu entends partout qu'on licencie à tour de bras.
Tu vois pas mal de gens de ta promo dans la même situation que toi : en promo sur le grand étal du marché du travail.
Le nombre d'offres d'emploi diminue. Par contre c'est la saison des stagiaires. Ah le capitalisme et ses modes.
Pour résumer la situation, il y a de moins en moins de boulot, et de plus en plus de chercheurs d'emploi. Toi tu vas bientôt te retrouver pris en sandwich entre les jeunes diplômés tout frais et tout motivés, et les vieux de la vieille, expérimentés et roublards. Ca t'inspire autant qu'un sandwich biscotte - pâté Olida pris au Leader. Oh lala...
Tu t'imagines des scénarios à la Bracadabrant. Marc Bracadabrant pour ceux qui connaissent.
Ce matin tu te lèves, et après ton café, tu vas voir ton site favori de recherche d'emploi.
0 résultats dans ton rayon. Etonnant. Tu élargis.
Toujours rien.
Etonnant.
Tu penses que c'est un petit pépin informatique. Ca arrive plus que deux ou trois raisons.
Père spicace, tu t'en vas consulter un autre site. Ton deuxième préféré.
0 offre toujours.
Celà devient suspect. En un seul mot.
Tu décides de s'adresser à Dieu plutôt qu'à ses apotres, et entre le mot "job" dans google.
Ironique, tu oses le "j'ai de la chance".
Tu tombes sur une page dédiée aux techniques de suicide pour les personnes ayant des faibles revenus. Les concepteurs de ce site, partant du fait que tout un chacun ne peut s'offrir un flingue, une bagnole avec un raccord pour le pot d'échappement ou un ravin, proposent des alternatives originales pour prendre l'autoroute direction l'autre monde sans avoir à raquer au péage.
On te propose de signer une pétition pour revenir aux sacs plastiques gratuits.
Tu reviens aux résultats chamboulé.
Alléluia, un site sérieux. Une offre d'emploi. Tu cliques une fois. En homme moderne, tu sais bien qu'un clic suffit pour un lien.
La page s'ouvre, tu dois patienter pendant le chargement.
Tiens, une animation. Une petite boite en carton chiadée. On t'invite gentiment à cliquer dessus. Tu t'exécutes.
GAAAAW !!!
Un diablotin vient de sortir de la boite et de te ficher une sacré frousse.
Il continue à se balance sur son ressort en tenant une pancarte : "Tu cherches du boulot ? Tu peux toujours regarder dans ton cul !"
L'humour de certains te dépasse.
Le site suivant s'appelle espoir.com.
Il présente une page noire.
Tu décides de sortir.
A peine la porte ouverte, tu entends comme une rumeur. Une complainte grave et lancinante.
C'est une meute de chercheurs d'emploi qui ère dans la ville, les yeux ternes, les cheveux hirsutes, les manteaux bon marché. L'insolent.
Un manteau blanc a recouvert la ville. Ce sont des CV. Des milliers de CV, anonymes ou non.
Un zombie t'accoste et te demande si tu as du boulot pour lui. Tu lui réponds que non, que tu es dans la même situation. Il te regarde, et fait un signe de croix. Il va poser la même question au suivant.
Répétant la même situation et les mêmes signes de croix, tu te rends au bureau de l'ANPE.
Il y a relativement peu de monde ici. La contagion n'a pas du arriver jusque ici.
Tu reconnais ton conseiller préféré. Il fume une roulée bien roulée dehors.
Tu le salues. Il lève la tête de son clopiot et te répond :
"Vous n'auriez pas du boulot pour moi ?"
Ta machoire se décroche. Enfin c'est une image quoi.
Derrière l'homme et sa cigarette, il a été peint en grosses lettres rouges sur la facade de l'ANPE :
"Fermeture définitive pour cause de plus de boulot".
Heureusement ta machoire était déjà décrochée pour de faux.
Tu demandes une clope à ton conseiller, qui est maintenant chercheur d'emploi. Comme ce sont les cordonniers les plus mal chaussés, tu te dis qu'il est mal barré.
Il t'en sort une déjà roulée. Il a du se passer les nerfs en roulant une centaine de cigarettes.
Elle est roulée dans un CV.
Tu poursuis ta balade dans la ville.
Les agences d'intérim ont tiré leur rideau de fer solitaire. Leurs employés sont assis devant.
Assis sur une pile de CV énormes dont ils font des avions qu'ils expédient le long de l'avenue. Le coeur ouvert, à l'inconnu.
Tu croises le père d'un pote qui tient une entreprise en ville. Il te salue.
Tu lui réponds : "Vous auriez pas un boulot pour moi ?"
Il te regarde, visiblement dégouté.
Ca y est, toi aussi tu es infecté.
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